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08 avril 2006

JEAN YOYOTTE ET LES VAUTOURS

Yoyotte2    L'égyptologue et l'oiseau sarcophage.

    Mère-des-Mères, mangeur de chairs mortes, le vautour symbolisait, en Egypte ancienne, le cycle vital, la régénération.
    Sur les bas-reliefs, ce grand oiseau volant, celui qui plane le plus haut dans le ciel, indique à Pharaon l’endroit où aura lieu la victoire.
    Selon l’Évangile de Luc, Jésus aurait dit : « Où sera le corps, là aussi les vautours se rassembleront… » (Luc,17-37.)

    Cet oiseau méconnu aujourd’hui a inspiré à l’égyptologue Jean YOYOTTE, Professeur honoraire au Collège de France, Commissaire de l'exposition "Tanis, l'or des pharaons", ces lignes :

    « Si l’on veut bien regarder vers le ciel, on reconnaîtra que les vautours, par l’envergure de leurs ailes et par l’aisance majestueuse de leur vol, comptent parmi les plus superbes des rapaces. Si on observe leur manière de vivre, on s’apercevra que c’est grâce à une vue portant très loin et à une ouïe spécialement affinée qu’ils repèrent ce qui se passe sur terre entre les hommes et entre les autres animaux, pour accourir vers leur puante nourriture. Ces dons avaient frappé les Anciens. Une fable égyptienne, particulièrement sophistiquée puisqu’elle prête à notre oiseau des habitudes qu’il ne possède aucunement dans la nature, rapporte le dialogue de deux dames vautours, l’une diurne, appelée VOIR qui regarde jusqu’aux profondeurs de la mer, l’autre nocturne, appelée ENTENDRE qui perçoit    ce qui se passe à partir des cieux.
Yoyotte1    Elles se racontent comment elles ont constaté que, de la mouche avalée par le lézard au poisson-chat dévoré par un lion, une série de huit bêtes se sont mangées les unes après les autres. La dernière, le lion, a été exterminé par le griffon, allégorie fantastique de la mort. Et les deux nécrophages (qui, eux, mangent mais ne tuent point), de tirer la morale de leurs observations. Rê, le soleil qui régit le monde et dont deux attributs majeurs sont le Voir et l’Entendre, sait tout de tous les êtres vivants et exerce la justice : ‘Celui qui tue sera tué.’ »...

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Jean Yoyotte, Préface (extrait) :  « Le Vautour, mythes et réalités » Page11. Éditions Imago, paris, 2001.

Trois photos prises en Egypte. Ici à droite Monsieur le Professeur Jean Yoyotte dans le temple d'Amon de Siouah, et à gauche sur un sarcophage à Meidoun. (Photos lamblard)

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    A gauche, Jean Yoyotte sur le chantier de fouilles de Tanis.

 Professeur honoraire au Collège de France, directeur d'études à l'École pratique des Hautes études, ancien chef de la mission française des fouilles de Tanis, Jean Yoyotte poursuit depuis cinquante ans des recherches de géographie historique de l'Egypte ancienne. Il a notamment publié, "Les Pharaons" (Noêsis, 1996). Collaboré au "Dictionnaire de la civilisation égyptienne" (hazan, 1998). Et  au  "Le Voyage en Egypte"  de Strabon. (Nil-Editions, 1977.)
    Jean Yoyotte, tout au long de sa carrière sur le terrain, a publié d'innombrables articles qui font autorité en égyptologie, il poursuit son oeuvre et prépare d'autres ouvrages. Ses communications au Collège de France font autorité.

YoyottetanisA droite, Philippe Brisseaud s'entretient avec Jean Yoyotte dans les vestiges du site de Tanis.


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Au cours d'une conférence au Caire en 1999. (Photos lamblard)

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