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22 août 2006

LA PINTADE, OISEAU AFRICAIN.

    PINTADE, GUINEA-FOWL, FARAONA, OU OISEAU NÈGRE !

Pintades9_1    S'il est un oiseau mal connu, la pintade est celui-là... Je ne parle pas de la volaille à rôtir, mais de l'oiseau africain compagnon des premiers hommes sur cette terre qui à vue naître l'Humanité.

A gauche, un grand troupeau de pintades d'Afrique de l'Ouest, dans la savane. Au moment de la reproduction, ce sont des centaines d'oeufs que l'on ramasse dans les nids posés au sol. L'oeuf de pintade est délicieux. (Photo Lamblard)
   Etrange destin, cet oiseau connu et exploité par l'homme depuis toujours n'avait jamais accepté la domestication. Il nous apparaît aujourd'hui exactement semblable à ses ancêtres des millénaires passés.
    C'est cette histoire que raconte  "L'Oiseau nègre, l'aventure des pintades dionysiaques", avec une préface de Ernest Pignon-Ernest.

    Le nom italien de la pintade, faraona,  désigne la vallée du Nil comme la patrie d'origine de cet oiseau, et le nom anglais, les côtes de Guinée. Il y en a d'autres plus énigmatiques encore.

    La poule aux mille perles
    Bonne nouvelle, "L'Oiseau nègre" réédité, a été revu et augmenté. (Éditions Imago, toujours). Ce livre est à ce jour le seul ouvrage qui traite de la pintade sous tous ses aspects, origines, mythologie, légendes, etc.
Pintade1_1    La miniature ci-contre à gauche, extraite d'un bréviaire franciscain de 1430 ayant appartenu à Marie de Savoie, est conservée à Chambéry. (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)     
Pintades5_1    La pintade figurée, originaire d'Abyssinie probablement, (Numida ptilorhyncha) représente l'oiseau du Paradis, elle indique la promesse de résurrection...
À droite, pintades vulturines de l'est africain, Acryllium vulturinum.  (photo Lamblard)

    Merveille de la Toile, depuis que la Pintade se promène sur Internet, des correspondants viennent enrichir notre recherche : cette miniature nous a été signalée par Baudoin Van Den Abeele de l'Université de Louvain. Et, page 169 du livre, le dessin du tesson de céramique de Basse-Nubie à Méroë nous a été envoyé par Sydney H. Aufrère de l'Université de Montpellier.
     Un autre bol décoré d'une frise de pintades, provenant de Sédeinga au Soudan, se trouve au Louvre, il daterait de 200 de notre ère environ. (Photo ici !)
    L'Université d'Aix, en la personne de Jean Jouanaud, nous fait parvenir le texte d'un "Voyage au Ouaday" par le Cheikh Mohammed Ibn-Omar El-Tounsy, traduit en français en 1851, où il est question de cadeaux d'ambassade, constitués d'oeufs de pintades ramassés par les paysans de cette contrée de l'Afrique de l'est. Ce sont des milliers d'oeufs, plus de cent charges de chameaux, dit l'auteur, qui sont chaque années offerts au Sultan du Ouadây, lequel en gratifie sa clientèle jusque dans la vallée du Nil.    
    Nouvelle confirmation de ce que nous présentions dans notre thèse sur le rôle de la pintade dans les ressources alimentaires de certains pays africains. Avant la raréfaction des pintades, au printemps, leurs ponte abondante "tombait" comme une manne miraculeuse !
    Compte renu de la lenteur avec laquelle les avancées de la recherche sont reprises dans les ouvrages grand public, nous avons choisi de publier ici même, sur le site, l'état de nos dossier en temps réel.
    À suivre ci-dessous...   (À droite, Ernest Pignon-Ernest auteur de la préface et des dessins)

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LA PINTADE, OISEAU NÈGRE
         A droite, la "poule aux mille perles", art populaire de Tanzanie. C'est un oiseau porte-bonheur, à l'image des perles précieuses représentées sur sa robe.

      

    Écho de la presse. "Europe" :

  L’aventure des Pintades dionysiaques

  << Le précédent ouvrage de Jean-Marie Lamblard était consacré au vautour. Oiseau de sinistre réputation, mais à qui l’on conçoit qu’un ethno-zoologue puisse consacrer une étude. Un respect, mêlé de crainte, entoure forcément l’animal dont Zeus, père des dieux et des hommes, se servit pour punir le trop grand amour que Prométhée portait à l’humanité.
    C’est cette fois-ci à un volatile sans prestige que s’adresse l’auteur. À celle qui pour Jules Renard n’était que ‘ la bossue de ma cour », une grincheuse cherchant sans raison querelle à ses placides voisins de la basse-cour : la pintade.
Nubie2_1    Or, au terme d’un voyage qui nous mène d’Afrique en Amérique, d’Abyssinie à Venise, d’Alexandrie à la Grèce, et de Byzance à l’Egypte pharaonique, c’est un animal fascinant que nous découvrons. Cet itinéraire se double d’un parcours chronologique que nous suivons à rebours, des chasses d’André Gide jusqu’aux hiéroglyphes de Karnak. Et à chaque époque, dans chaque lieu Jean-Marie Lamblard nous montre combien a pu être important cet oiseau mystérieux.
    Nous découvrons ainsi le rôle de la pintade dans la religion vaudou, aussi bien en Afrique (d’où elle est originaire) qu’en Amérique. Les pintades ont en effet été introduites dans les Caraïbes dès le début du XVIe siècle. Et très vite cet animal, domestique mais indocile, y retrouvera le chemin de la liberté, les pintades maronnes devenant, en Haïti en particulier, le symbole des esclaves enfuis.

  Le peuple des Nubiens, les "Nèhèsiou", dont le nom s'écrit avec l'image de la pintade de Nubie (l'oiseau-Nèh). Socle de la statue de Darius 1er, trouvée à Suse, Ve siècle. Musée de Téhéran, (photo Lamblard).   

    Plus proche de notre univers intellectuel et pourtant bien oubliée est l’histoire Méléagre, dont les sœurs inconsolables furent transformées en pintades. C’est de leurs larmes que naîtrait l’ambre (fable que l’on continuera de croire des siècles durant). La légende, associant Dionysos et Artémis, le dieu des transgressions sociales et la déesse de la vie sauvage, révèle assurément quelque chose de cet oiseau farouchement indépendant. Dans le monde byzantin, ce gallinacé au plumage noir constellé d’une multitude de perles d’un blanc immaculé, deviendra symbole de la Vierge Marie, voire du Christ lui-même.
    Mais le passage le plus étonnant du livre est peut-être le chapitre où Jean-Marie Lamblard attire notre attention sur la présence, assez abondante, de représentations de pintades dans les toiles des peintres vénitiens du Quattrocento. Carpaccio, Lazzaro Bastiani ou Benedetto Diana entre autres, agrémenteront ainsi leurs œuvres d’images de celle que l’on appelle chez eux « poule de Pharaon », souvent placées au premier plan, bien en évidence. Et l’auteur tente de déterminer le ou les sens que l’on peut leur donner.
    Au total, on découvre grâce à ce livre écrit dans un style très soutenu, un animal surprenant et contradictoire, apprivoisé et farouche, esclave et rebelle. Symbole de pureté et de transgression, d’éternité et de renaissance.
        Karim HAOUADEG
    EUROPE, revue littéraire, n°894 / octobre 2003. http://www.europe-revue.info  


Pintade3     PRIX LITTÉRAIRES :

   
Grands Prix d’Automne 2003 de la Société des Gens de Lettres.
    Bourse Thyde Monnier :
    "Une pintade ! Quel volatile délicieux que parfois on assimile au faisan ! Erreur ! Erreur profonde ! Jean-Marie Lamblard, lui, nous enseigne que cette pintade des poulaillers de nos grands-mères vient d’Afrique et s’appelle en réalité : Numida méléagris L
.
    On apprend une multitude de choses en lisant le livre de Jean-Marie Lamblard. C’est une petite merveille d’érudition et d’humour. On parcourt un itinéraire fabuleux, avec ces pintades, passant des tombes égyptiennes aux légendes grecques.
    On traverse la Syrie, la Turquie et l’on découvre les coins cachés de tableaux des peintres du
Quattrocento. La pintade est l’oiseau-nègre, symbole de la lutte contre l’esclavage. On termine avec l’auteur au Festival d’Avignon au milieu d’une manifestation de pintades !"
Jacques VIGOUREUX
    Société des Gens de Lettres.
http://www.sgdl.org
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  Karnak, Egypte, musée de plein air. "Chapelle Blanche" de Sésostris 1er. hiéroglyphe de l'Oiseau-Nèh, la pintade. " L'Éternité de Rê ". (Photo Lamblard).    

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    La préface est de Ernest PIGNON-ERNEST.

Travail de Ernest Pignon-Ernest (Paris, 1991), à gauche.

 

Sites qui parlent de L'oiseau nègre :

Les Éditions IMAGO à Paris, cliquer !

Et sur le site, cliquer ! ici.

Voir l'article : "Des pintades plus belles que les vôtres"

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Voici les sites qui parlent de LA PINTADE, OISEAU AFRICAIN. :