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03 janvier 2007

IRAN DES SASSANIDES ET PINTADE

    Iran des Sassanides, civilisation du tapis et de la tenture, et les symboles venus d'Égypte   

  Avant-propos
    Les archéologues savent que l'Iran des Sassanides (de 224 à 642 de notre ère), leur livrera peu ou pas de mosaïque, au contraire d'une fouille d'édifice byzantin. Civilisation du tapis et de la tenture, cet Empire prestigieux a disséminé ses tissages et ses soieries aux quatre points cardinaux
des marchés aristocratiques. Ces oeuvres d'art véhiculent aussi des symboles venus de pays lointains.

    Raccourci :
    Au musée de Téhéran trône une magnifique statue du roi Darius 1er trouvée à Suse dans les ruines d’un palais achéménide. Cette œuvre égyptienne témoigne de l’époque où les Perses dominèrent l’Empire de Pharaon.
    Sur le socle, gravé pour l’éternité, nous suivons la théorie des peuples assujettis rendant grâce au Roi des rois Darius. On reconnaît les Nubiens identifiés par la silhouette d’un homme Noir agenouillé, les bras levés en signe d’adoration, et par le nom inscrit en hiéroglyphes dans un cartouche crénelé.
    Ce nom «Nèhèsiou » comporte l’image de la Pintade nubienne, Oiseau-nèh, qui fit le voyage figée dans la pierre, de Haute-Egypte en Basse Mésopotamie.
    Dans une autre salle du musée de Téhéran, ce sont des plats en argent d’époque sassanide qui offrent l’image d’une Pintade gravée en leur centre.
    Entre la statue et ces oeuvres célébrant la splendeur iranienne, un millénaire s’est écoulé.  L'oiseau Pintade  tisse un lien, du Nil fécond  au Pays des Deux Fleuves, et sert de "fossile directeur".   
 
    L’énigme de la Pintade iranienne des Sassanides 
    Comme point de départ, optons alors pour l’exposition présentée à Paris en 2006 : « Les Perses sassanides. Fastes d’un empire oublié.», puisque c’était la première fois que l’on exposait en France un ensemble cohérent d’œuvres d’art relevant de l’Empire iranien.
   
    Pendant plus de quatre siècles, la dynastie des Sassanides domina le monde civilisé de sa splendeur, renouvelant la puissance redoutable des conquérants perses achéménides.
    Le nouvel empire sassanide, fondé en 224 à la suite de la victoire d’Ardaschir 1er sur le dernier roi des Parthes Artaban V (le fier Artaban, souvenez-vous), aura tenu tête aux Romains en écrasant leur armée. Les Perses vaincront trois empereurs : mort de Gordien III, reddition de Philippe 1er dit l’Arabe, et chute de Valérien ; ce dernier, fait prisonnier en 260 à la bataille d’Edesse par Shapur 1er avec son armée, sera exécuté par son vainqueur et les légions romaines seront réduites en esclavage.
    L’Empire des Sassanides ne disparaîtra officiellement qu’avec l’arrivée des cavaliers arabes porteurs de l’Islam, vers 642. L'Iran actuel en est l'héritier direct.
(À droite, relief de Naqsh-e Rostan commémorant l'investiture d'Ardashir 1er, Roi des Sassanides. Photo. Lamblard)
Relief2
    Les Iraniens contemporains n’oublient jamais leur prestigieux passé, même s’ils ne délèguent plus de Mages chargés d’offrandes vers Bethléem. 
    L’exposition présentée à Paris regroupait un ensemble d’œuvres précieuses et rares dont certaines n’avaient jamais été montrées au public. Toutefois, ce qui a retenu notre attention est l’existence de la Pintade africaine dans le décor.
    Gravées dans l’argent ou moulées en stuc 
    J’ai relevé une dizaine de Pintades figurées sur divers supports, gravées dans l’argent ou modelées dans le stuc, pour la plus grande gloire du Roi des rois du Domaine pastoral des Aryens, ainsi que les Iraniens nommaient leur gigantesque territoire planté à l’Orient de notre Méditerranée.
   Sassanide2 Il y a d’abord une plaque trouvée dans les ruines d’un palais à Ctésiphon, la capitale des Sassanides, datée du VIe siècle. Je connaissais déjà cette œuvre d’art, mais n’avais pas identifié l’oiseau avec certitude. L’allure générale est bien celle de notre modèle avec toutefois deux singularités étrangères à notre volatile : le graveur a placé sur la tête de son sujet une sorte d’aigrette empruntée aux paons, et fixé à ses jambes un ergot que ces Pintades n’ont jamais. (Photo à gauche)
    Malgré la beauté de cet élément d’architecture en stuc, et un autre semblable conservé à Berlin, je n’avais pas été convaincu de la présence de la Pintade « vraie » dans l’art des Sassanides. J’y voyais davantage une image abâtardie  du paon. J’avais tort, il s’agit bien de Pintade comme nous allons le démontrer maintenant.
    L’exposition présente six autres gravures de Pintades, auxquelles j’ajouterai le thème central de trois plats d’argent conservés à Téhéran et d’innombrables figurations brodées dans des étoffes précieuses désormais bien identifiées sassanides.
    Toutes ces Pintades sont figurées selon une norme invariable, elles semblent relever d’un prototype: corps ramassé, de profil, posé, paisible, et sans particularité d’âge, de race ou de sexe.
    Curieusement, l’oiseau modelé dans les décors de cet art d’apparat destiné à l’usage de la cour des Sassanides, ou réservé aux cadeaux d’ambassade, est toujours gratifié d’une caractéristique anormale qu’il faudra expliquer : il a deux cornes sur le crâne, alors que la Pintade véritable n’en porte bien évidemment qu’une. (À droite ci-dessous, dessin de la gravure centrale d'un bol en argent niellé, époque sassanide, Iran. Dessin de C. Florimont) Sassanide3_1
    Un attribut sacré venu d’Egypte
    L’art des Iraniens sassanides, en utilisant dans son répertoire iconographique l’image de la Pintade, augmentée d’une corne énigmatique, assure la jonction historique avec un ensemble de thèmes figurés venus de l’Egypte pharaonique.
    Ces thèmes ont vraisemblablement été transmis selon les voies naturelles des échanges commerciaux aux centres orientaux, syriens et iraniens, de productions artisanales de luxe. Après la naissance du Christ, les artisans coptes conserveront dans leur commerce la tradition des scènes nilotiques.
   
    À l’avènement de Justinien, la Renaissance byzantine poursuivra l’exploitation du répertoire iconographique hérité des siècles antérieurs, où certains symboles empruntés aux hiéroglyphes égyptiens cohabitent dans un contexte mythologique largement imprégné d’influences hellénistiques et romaines désormais adapté à la religion chrétienne, notamment dans les mosaïques de pavement.
Les Pintades portant les doubles cornes deviendront l’une des caractéristiques de l’art sacré byzantin.
    La chute de Constantinople-la-Romaine mettra un terme à la chaîne de transmission culturelle des arts figurés. Venise prendra en quelque sorte le relais, sans toutefois récupérer tous les symboles orientaux.
(Ci-dessous à gauche, mosaïque de Madaba, Jordanie, VIe siècle. La pintade byzantine, oiseau du Paradis, dans l'église du "Hall d'Hippolyte", dotée des doubles cornes symboliques. Photo Lamblard)
    Madaba2Nous allons voir qu’avec l’arrivée des Arabes, l’art des Sassanides ne disparaît pas immédiatement. Nous suivrons sa trace persistante chez les souverains Omeyyades qui sont ses vrais héritiers en Syrie et Palestine. Et tout cela selon notre guide, la Pintade africaine.
    Ainsi, avec ce dossier qui vous est offert en priorité, se complète et s’achève mon étude ethno-zoologique de la Pintade, dont un résumé a déjà été publié sous le titre « L’Oiseau nègre ».

    La civilisation du tapis et de la tenture
    L’Iran des Sassanides, dès le début du IIIe siècle de notre ère, a irrigué le monde de ses productions somptueuses. Civilisation du tapis et de la tente, ses étoffes de soie brodées, son argenterie, ses verres et camées, ses sceaux précieux, ses armes d’apparat et ses monnaies d’or, circuleront aux quatre points cardinaux vers les demeures aristocratiques.  La mosaïque est sédentaire, le tapis voyage... Chateauiran   
    Cet artisanat d’art, véritable monopole d’État au service d’un souverain, rehaussait la valeur de ses œuvres en les décorant de scènes historiées montrant le roi et les nobles dans leurs occupations favorites, la chasse principalement, avec un goût pour les thèmes empruntés au prestigieux passé de la Perse.
(À droite, château d'Ardashir 1er à Firouzabad, Iran. IIIe siècle. Photo Lamblard) 
    L’empreinte millénaire de l’Inde et des religions indo-iraniennes s’identifie facilement. Nous pouvons reconnaître dans l’art figuré sassanide la présence de l’Arbre de vie, le Hôm, les animaux affrontés, le jardin paradisiaque peuplé d’oiseaux, le diadème royal, etc. Représentations bénéfiques, propitiatoires, sensées porter chance à l’heureux propriétaire de l’objet, après avoir matérialisé l’hommage offert par l’ouvrier d’art aux puissances divines.
    Hormis le cheval monté, les quadrupèdes figurés sont pris parmi les animaux non domestiques. Les oiseaux sont omniprésents, reflet de leur rang dans la religion mazdéenne renouvelée par le prophète Zarathoustra. Allégorie de l’élément aérien, ils assurent le lien avec le firmament où règne Ahura Mazdâ. À ce titre, les oiseaux relèvent des symboles solaires et attestent l’immanence divine, ils ont une valeur de talismans.

    En outre, nous connaissons le rôle majeur des vautours dans les funérailles célestes où ils sont chargés de préserver les éléments naturels de toute souillure lors de la résorption des cadavres humains. (Voir sur le site "Les Funérailles célestes")

    Les tribulations de l’oiseau vrai
    Si nous en croyions les Grecs, l’oiseau de Perse serait le coq. C’est du moins ainsi qu’Aristophane nous le présente : « Pisthetairos : …Tout de suite et d’abord je vous citerai le coq […] si bien qu’on l’appelle Oiseau de Perse » (Les Oiseaux, 485
(À gauche, Le Coq d'Arles, dessin de Jean Cocteau 1957)

Coq2_1    Nous pouvons penser que ce gallinacé mâle facilement domesticable, arrivé en Grèce lors des guerres Médiques, fut remarqué d’abord parce qu’il porte orgueilleusement sur sa tête une crête rouge, laquelle fait irrésistiblement penser au bonnet persan, dont la forme connaîtra une surprenante postérité sous le nom de bonnets phrygiens. (Après avoir été adopté par les Romains qui s’étaient entichés du dieu iranien Mithra, lequel porte ce fameux bonnet, il s’est finalement retrouvé sur la tête de notre Marianne…)  
    Les Grecs, qui qualifiaient tous leurs ennemis d’efféminés, n’ont pas manqué de remarquer le comportement ridiculement « viril » du coq, et ce blason  populaire « oiseau de Perse » peut être entendu ainsi. 
    Venu d’Asie, comme le faisan et le paon, le coq n’a en effet rien d’étranger pour un Persan, et l’Avesta honore le coq éveilleur d’aurore qui met en fuite les démons de la nuit. Mais la Pintade est africaine.
    J’entends bien qu’aux millénaires précédant l’époque qui nous occupe certains animaux vivaient plus au nord, et jusque sur le territoire de l’actuelle Turquie. C’est ainsi que des vestiges osseux de Pintades préhistoriques ont été exhumés aux pieds des Monts Taurus.
    Mais à partir du Néolithique, il est probable que les derniers troupeaux de Pintades sauvages ont commencé de disparaître du Proche-Orient sans laisser beaucoup de traces.
    J’ai souligné dans L’Oiseau nègre l’incompatibilité de cet oiseau avec l’agriculture. En outre, ses mœurs grégaires en font un gibier facile à chasser et à éradiquer d’un pays. Ses œufs entassés dans des nids posés au sol, gros et savoureux, son habitude de percher la nuit dans des arbres dortoirs, et son vol lourd et bref, désignent prioritairement la Pintade comme pourvoyeuse de nourriture humaine.
    Ainsi je tiens pour assurée l’absence de Pintades sauvages en Iran au temps des Sassanides.
    Les ménageries royales, les parcs réservés au souverain, abritaient-ils des Pintades importées de Nubie par les marchands de bêtes sauvages, cadeaux d’ambassadeurs ? Nous pouvons l’imaginer. Les princes orientaux possédaient des zoos et se montraient amateurs d’animaux exotiques pour leurs jeux ou l’ornement de leurs jardins. Sassanide1
    Alors, pouvaient-on voir des Pintades en Iran au temps des Sassanides ? dans des cages ou élevées dans les volières des parcs royaux, ces « paradis » dont le nom persan servira à désigner le Jardin d’Eden situé à l’Orient de la Terre biblique, nous pouvons le croire. Mais il est probable que seuls les nobles avaient accès au domaine royal. Les artisans devaient se contenter de descriptions, de croquis, d’ébauches, comme les artistes du Moyen Age européens qui peignaient des lions jamais observés de visu.
(À droite, paire de médaillons décoratifs représentant des Pintades avec les deux cornes symboliques. Epoque sassanide, VIe siècle. Musée de Mayence)

    La Pintade dans le paradis des Iraniens
    Confinées dans les jardins et les parcs royaux, les Pintades et d’autres oiseaux choisis évoquaient les hôtes du ciel et les créatures aimées des dieux.
    Je ne reviendrai pas sur les variétés de Pintades et leur anatomie largement développées ailleurs, mais je confirme qu’aucune n’a jamais porté deux cornes sur son crâne. 
    Alors pourquoi les Pintades sassanides que l’on reconnaît sur les plats d’argent, les stucs, et les étoffes précieuses, arborent-elles ces énigmatiques doubles cornes ?
    L’explication, comme je l’ai suggéré, est à rechercher dans l’héritage égyptien récupéré à     l’époque hellénistique et transmis par le monde copte à tout l’Orient.
    Il nous faut aujourd’hui, telle Isis recherchant les membres épars d’Osiris outrageusement mutilés le long du Nil, rassembler les pièces jusqu’à l’ultime fragment du corps démembré.
    C’est ce qui nous reste à faire pour donner la clé du mystère de l’attribut céphalique surnuméraire de la Pintade sassanide. Bardo
(Mosaîque d'époque byzantine, Ve siècle, trouvée en Tunisie. Musée du Bardo. L'oiseau Pintade porte les doubles cornes symboliques. Photo Lamblard)

Suite...

Suite :
L’ÉNIGME DE LA PINTADE IRANIENNE

    L’Orient barbare au centre du monde
    Le problème ainsi posé, et en partie résolu, il faudrait prendre un peu de recul pour changer l’éclairage du contexte tel que nous le connaissons.
    C’est au dernier siècle avant le Christ que l’Europe occidentale apprit à connaître l’Orient.
En 66 avant notre ère, l’empire de Rome s’étendit à l’Est avec l’arrivée de Pompée le Grand au Pont-Euxin, puis au Levant.
    Ces régions qui depuis des millénaires se plaçaient économiquement et politiquement en tant qu’intermédiaires obligés absorbèrent alors les influences latines fortement imprégnées de culture grecque.
   Madaba3 La période de bouleversements politiques et de transition culturelle que l’on observe, et qui marquera la fin de la période Hellénistique, affecta particulièrement l’axe de circulation des richesses situé géographiquement entre la mer Rouge et la mer Noire où passaient les voies immémoriales reliant l’Afrique de l’Est et l’Arabie, à la Syrie, la Mésopotamie, et l’Iran. Les routes caravanières, les itinéraires de cabotage aboutissant sur ces côtes du Levant assuraient le transit des produits de luxe, de l’encens et des épices, venant d’Asie.
(À droite, mosaïque de Madaba, Jordanie, époque byzantine, VIe siècle. La Pintade au jardin du Paradis, thème que l'on retrouve de la vallée du Nil jusqu'en Iran sassanide. Photo Lamblard)       
    La Route de la soie, ouverte par l’empereur des Han au IIIe siècle avant notre ère, était l’autre grande artère par où transitaient les richesses d’Asie profonde et de Chine vers l’Occident. C’est en grande partie sur le territoire iranien que les caravanes déballaient leurs soieries.
    La Perse et le Proche-Orient, carrefour des richesses et des produits de luxe, seront aussi le point de rencontre et de syncrétisme des cultures, des religions, et des arts. Les grands courants de civilisation convergeront vers ce creuset jusqu’à la découverte du Nouveau Monde.
    Rome n’était plus dans Rome
    Avec le recul de l’histoire, les Romains nous semblent fascinés par ces terres orientales et les peuples qui l’habitent. La Ville paraît comme aspirée en direction de l’Asie Mineure, et du Bosphore qui contrôle le passage entre les continents, s’acheminant inexorablement vers le choix de transmigration pris par Constantin 1er en 330.
    Au Haut-Empire romain, la succession des empereurs qui précédent Constantin, ceux du IIIe siècle, contemporains de l’arrivée des Sassanides au pouvoir, qu’ils soient d’origine africaine ou Syriens, cernés par la montée des peuples extérieurs, se laisseront enivrer par le rêve oriental où il espèreront peut-être puiser  une nouvelle vitalité.
    En  218 près d’Antioche sur l’Oronte meurt l’empereur romain Macrin, un Numide de Césarée, abattu par ses officiers pour avoir tenté une alliance avec les Parthes.
    Les légionnaires portent au pouvoir un jeune Syrien de 14 ans, Heliogabalus, fils adultérin ou cousin de Caracalla. Cet Héliogabale, dont le nom signifie « Soleil-Dieu du Djebel », était, selon sa tradition familiale, grand prêtre d’un Baal adoré par les Bédouins à Émèse (Homs) sous la forme d’une pierre noire, un bloc de basalte tombé du ciel parmi les Arabes. Cette sorte de bétyle était la matérialisation du dieu Élagabal.
    Ovationné empereur par ses légions, Héliogabale, en compagnie de son aérolite sacré, idole de son dieu solaire, arrivera à Rome en 219. La Ville frémira trois années aux rythmes des danses arabes et des hymnes sémitiques venus de Syrie.
    Le 13 mars 222, Héliogabale sera assassiné à son tour, au profit de son fils adoptif (son cousin germain) âgé de seize ans, Alexianos. On le nomme Sévère Alexandre. Il règnera treize années.
    Ses légionnaires le feront abattre le 18 mars 235 au bord du Rhin. Il était favorable à la négociation plutôt qu’à la guerre, et il soutenait des sectes juives. 
    C’est donc sous le règne du jeune Sévère Alexandre qu’eut lieu la révolution de palais au sein du monde perse, en 224, qui vit l’avènement des Sassanides, lesquels vont accentuer l’antagonisme entre les deux Empires. Relief1
(Ci-contre : investiture d'Ardashir 1er (cavalier de gauche). Le roi piètine le cadavre d'Artaban V, roi parthe détrôné. Ardashir recoit l'anneau d'investiture de la main de Ahura Mazdâ, lequel foule le Mauvais Ange Ahriman.)
    La Pintade de Numidie franchit le Rubicon
    Les Romains, maîtres du monde avancé jusqu’au siècle qui nous retient, avaient pris pied en Afrique septentrionale en 146 avant notre ère, au dénouement des Guerres puniques, après la victoire de Scipion Émilien sur Carthage. Alors Rome commença à s’intéresser de très près aux rives méridionales du Mare Nostrum. La Guerre civile entre César et Pompée accélérera le cours des événements.
    La Pintade, qui sert de jalon dans notre repérage des grands bouleversements sociaux, marque cette étape importante de l’extension de l’Empire romain vers l’Afrique du Nord, puisqu’elle sera nommée « Poule de Numidie » par les Latins. Nom qui sera conservé dans la nomenclature scientifique pour désigner notre oiseau Numida meleagris L.
    Après la chute de Carthage donc, la Pintade africaine fait son apparition dans le monde romain par des mentions dans la littérature latine et des figurations réalistes dans la peinture et les mosaïques.
    Notons que chez les Romains, la Pintade est seulement un témoin de l’extension du monde connu, elle est décrite et figurée au plus juste de sa nature ; ce n’est qu’un oiseau africain nouvellement arrivé sur les tables patriciennes. Elle n’affiche aucune valeur symbolique ou sacrée. 
    Mon soleil est plus grand que le tien
    L’Afrique du Nord et l’Egypte absorbées, l’Empire romain en butte aux exigences des peuples enrôlés, devra mobiliser ses légionnaires sur tous les fronts.
   Tunisie L’avènement des Sassanides, en 224, inaugure une série d’épisodes et de conflits qui vont conduire Rome vers sa migration orientalisante et son destin.
    Depuis l’incendie de l’Acropole, les Perses représentaient l’ennemi congénital des Grecs et de leurs héritiers culturels, mais ces Barbares ne sont vraiment devenus les rivaux de l’Empire romain qu’au temps des Sassanides.
(À gauche, mosaïque de pavement provenant de la chapelle de Menzel Yahia au cap Bon en Tunisie. Datant de 550-580, style byzantin montrant deux PIntades affrontées au centre d'une couronne végétale d'inspiration persane ; illustration de la Cité de Dieu. Photo Lamblard) 

    Porteurs d’une religion flamboyante, auréolés de mystère, réputés savants dans la science des astres, les Perses et leurs Mages imprégnaient l’idéologie romaine vieillissante de leurs influences.
     Le Mithra iranien avait converti les cadres de l’armée et les soldats aux religions à mystères, préfigurant le Christianisme. Adonis, Attis, Orphée, Osiris, Jésus tous ces jeunes dieux venus d’Orient, coiffés de la mitre iranienne, intercesseurs entre le monde profane et l’au-delà terrifiant, prenaient dans les esprits latins la place des anciennes divinités italiques. 
    Jusqu’à ce que Constantin 1er, ébloui par un astre rayonnant en observant le ciel, comme firent les Mages, y discerne un gage de victoire et proclame son adhésion au Christianisme naissant, représenté alors comme la seule et vraie religion solaire venue du Levant.
    L’antique religion de Zarathoustra, le Mazdéisme et son culte du feu éternel et de la pureté, sera désormais ouvertement opposé au Christ-roi, nouveau Sol Invictus.
    Nous voici au cœur du débat. Avec les Sassanides commence une série d’événements politiques et culturels qui vont conduire vers la coupure symbolique entre deux mondes, la civilisation arabo-musulmane et le monde christo-européen.
    Les souverains Sassanides en leur capitale Ctésiphon au bord du Tigre (en Iraq), vont commander au clergé la recension et la mise par écrit des hymnes sacrés persans. Cette première rédaction en pehlevi des traditions orales iraniennes, selon la rénovation de Zarathoustra, donnera naissance à l’Avesta, et aux Gâthâs qui en sont la partie la plus ancienne.
    Institué religion d’État, le Mazdéisme s’opposera violement aux religions voisines, au Manichéisme naissant particulièrement. Cluny2
    Un oiseau diablement cornu
    De nombreux commentateurs ont souligné le rôle allégorique des oiseaux dans la religion mazdéenne. Il nous appartient ici d’indiquer que les textes sacrés persans ignorent la Pintade (la Bible et le Coran également). Néanmoins, notre oiseau porte un nom dans la langue populaire : en iranien (comme en italien contemporain), la Pintade se nomme « poule ou oiselle du Pharaon ». (À droite, étoffe copte, Musée de Cluny. Xe siècle. Le sujet reproduit l'image de l'Oiseau-nèh dont on suit la trace le long du Nil, puis en Iran. Le Musée de Cluny possède d'autres étoffes  portants des pintades dans leurs broderies. )
    On ne saurait mieux indiquer où doivent porter nos investigations.
    Cette identification de la Pintade Oiseau du Pharaon renvoie à son origine géographique africaine et désigne les voies du commerce des animaux exotiques qui passait majoritairement par Alexandrie pour atteindre les principaux marchés, Antioche sur l’Oronte, Constantinople, Ctésiphon, et bientôt Damas, puis Venise.
    Une seconde dénomination se rencontre en langue persane : « oiseau cornu ». Daniel Arapu m’apprend, et je l’en remercie, que ce nom vient de la traduction du pehlevi « murgh-i shâkhî ».
    Le persan serait la seule langue qui proposerait un type nouveau d’identification de la Pintade par référence à son casque osseux. 
    Les peuples africains Noirs privilégient les noms reproduisant par onomatopée le cri de l’oiseau. Les Européens préfèrent l’origine géographique ou les particularités du plumage, ses couleurs ou ses perles.
    Les Sassanides ont retenu l’ornement céphalique de l’oiseau pour le nommer ; ils n’en sont pas resté-là, dans leurs arts, ils ont fait de ce volatile unicorne un bi-cornes fabuleux…

    Ici, il faudrait tout un chapitre pour commenter la place des cornes dans la symbolique. (À commencer par celle unique de la fabuleuse licorne que les anciens Iraniens connaissaient pour un animal de l'Inde).   
    Contentons-nous de rappeler que les doubles cornes évoquent la Grande déesse de la fertilité, les cornes de l’astre lunaire, les cornes de la vache sacrée Hathor, la Corne d’abondance, les cornes du bélier d’Ammon (Que l’on retrouve sur la tête d’Alexandre le Grand « dhu-l qarnayn » dans le Coran), Dionysos est aussi le Cornu, et l’Inde mythique se personnalise par une femme portant des cornes sur le front, comme le Moïse de Michel-Ange.
Nehecouleur   (À droite, hièroglyphe de l'oiseau-nèh, peinture de la tombe de Senneferi, n° 99, intérieur de la chambre. VIIIe dynastie, nécropole des Nobles  à Thèbes, vers 2100.)
    Cette valeur emblématique des cornes, gage de fécondité et de postérité, a joué son rôle dans le choix iconographique de la Pintade, n’en doutons pas, mais l’origine profonde est à rechercher dans les hiéroglyphes égyptiens.
    Les Perses ont occupé à deux reprises le trône de Pharaon : en 525 avant notre ère, suite à la conquête de l’Egypte par Cambyse, fondateur de la XXVIIe dynastie, jusqu’en 400 environ. Et une seconde domination perse gouvernera l’Egypte, en 341, jusqu’à l’arrivée d’Alexandre le Grand dans le Delta.
    Les va-et-vient des armées, doublés du flux  des richesses conquises, des trophées, des tributs, du blé et des esclaves, les cadeaux d’ambassade, ont popularisé l’art sacré égyptien en Babylonie et jusqu’en Iran. Nul n’ignorait l’existence de l’écriture hiéroglyphique et ses dessins d’animaux et de plantes.
    (Ci-dessous à gauche, fragment de tenture provenant d'Egypte. IXe siècle. Les deux pintades portent des motifs d'inspiration sassanide : la "cravate" persane attribut royal) Sassanide4
    Le hiéroglyphe de l’oiseau-Nèh
    Grâce à l’aide précieuse de l’égyptologue Jean Yoyotte, j’ai pu résumer dans l’Oiseau nègre, (pages 152 et s.), les caractéristiques de cet idéogramme égyptien que l’on rencontre dans l’ancienne écriture sacrée.
    La plus ancienne attestation du signe Pintade formant le bilitère « oiseau-nèh » se trouve gravée sur le mur de la salle du sarcophage du pharaon Ounas de la Ve Dynastie, vers 2380 avant notre ère, à Saqqara. Karnak2_1
    Je ne peux revenir ici sur les diverses implications de ce signe, mais précisons qu’il servait à écrire les souhaits et prières d’Éternité adressées au royal défunt Pharaon. « Éternité-Nèhèh » de Ré, rythmée par le parcours solaire discontinu et cyclique, est une notion essentielle en Egypte ancienne. La Pintade Oiseau-nèh se reconnaît ainsi dans les vœux gravés accompagnant les souverains dans leur tombe.   
    Ce signe hiéroglyphique sert aussi à noter le nom des Nubiens, ces habitants du Sud que les Egyptiens redoutaient : les Nèhèsiou (au singulier Nèhèsi). Le nom des Nubiens est ainsi formé grâce à l’image de la Pintade nubienne. Je suis tenté d’y voir un lien sémantique, Ceux de l’Oiseau-nèh…
(À droite, un des plus beaux exemplaires du hiéroglyphe "oiseau-nèh", musée de Karnak. Chapelle Blanche de Sésostris 1er. Photo Lamblard)

    J’ai photographié un grand nombre de ces hiéroglyphes de l’oiseau-nèh, la silhouette du volatile, profil droit ou gauche, diffère selon l’habileté du graveur et l’époque, mais, presque toujours, la Pintade est affublée de deux cornes sur le crâne, signe diacritique plutôt que défaut d’observation.
    En résumé, ce hiéroglyphe nous révèle l’image de la Pintade nubienne, son nom indigène, et l’étonnante valeur d’éternité solaire qui était attachée à ce signe mystérieux.
    Les prêtres égyptiens ont perpétué la transmission de l’écriture sacrée dans leurs temples jusqu’au milieu du IVe siècle de notre ère. La période ptolémaïque correspond à une complexification accrue de la science hiéroglyphique, et, sous la domination romaine, on peut penser que plus personne en dehors du clergé égyptien traditionnel n’était en mesure de comprendre cette écriture, laquelle d’ailleurs n’était pas tracée pour être lue par le commun des mortels.
    Jusqu’à aujourd’hui, le signe diacritique des deux cornes de l’oiseau-nèh a conservé son secret originel. Nehsoudan3
    La Nubie soudanaise préserve l’héritage
    Tandis que lentement la civilisation pharaonique s’enfonçait dans l’obscurité et l’oubli (tout au moins dans la partie égyptienne du territoire arrosé par le Nil, d’Assouan au Delta), au sud, le royaume de Kousch, celui de Kerma, de Napata, et enfin celui de Méroé, vont reprendre et maintenir la pureté ancestrale de la religion d’Amon. La civilisation méroïtique du Soudan ne disparaîtra qu’avec l’arrivée des Musulmans en Nubie, vers 640. 
    En Nubie soudanaise on retrouve le hiéroglyphe-Pintade de l’oiseau-nèh avec ses doubles cornes et sa valeur d’éternité. Il sert à composer le nom des Nubiens, ces Nèhèsiou que les pharaons sont allés assujettir sur leurs propres terres. (A gauche, gravure du temple de Bouhem, musée de Karthoum. Epoque de Ramsès II, vers 1300 avant notre ère. Hièroglyphe de l'Oiseau-nèh dans la prière "Ce qu'il fait pour l'Éternité de Ré". Photo Lamblard)
    Migrations d’une figure allégorique
    Après avoir en 224 de notre ère détrôné le dernier roi des Parthes, comme nous savons, la dynastie sassanide entreprend de revivifier l’antique hégémonie persane, en étendant son empire des confins de l’Inde aux frontières romaines. 
    Englobant sur leur lancée le Proche-Orient et puis l’Egypte, les Sassanides vont régner plus de quatre siècles sur le prestigieux territoire qui avait vu apparaître les premières civilisations littéraires de l’humanité.
    Lors de la conquête arabe, en 642, les Perses surent composer avec le nouveau pouvoir musulman et sauver l’essentiel de leur idéologie. L’islam chiite en témoigne.
    En nous en tenant aux limites de notre projet, nous ne pouvons que constater la présence dans l’art des Sassanides de l’image des Pintades nubiennes, telles que nous les avions reconnues dans les hiéroglyphes égyptiens, avec leur énigmatique corne surnuméraire. Nehsoudan1
    Où l’on voit naître l’Europe politique
    Le choix de Constantin 1er de transporter la capitale du monde romain à la lisière orientale de son Empire, en 330, donna un second souffle à la « Romanie », et le choix du Christianisme comme religion d’État ouvrit une nouvelle ère de l’humanité.
(À droite, oiseau-nèh gravé sur le mur d'un temple provenant du nord Soudan, proche d'Aksha. Fouilles de Jean Vercoutter. Époque de Ramsès II : "Qu'il rejoigne la Maison d'Éternité de Ré".  Photo Lamblard.)

    La fondation de Constantinople pose un jalon historique qui rend irréversible la notion de « continent européen » désignant ce cap avancé (aux frontières floues) de l’Asie.
    L’empereur romain d’Orient, Justinien 1er, accédant au pouvoir en 527, fera de Constantinople le phare du monde chrétien en retrouvant l’intégrité territoriale de l’Empire romain face à son grand rival persan.
    Avec habileté, Justinien signe la paix avec le roi des Sassanides, Khosrô 1er, en 562. Ce moment de trêve entre les deux Empires coïncide avec deux apogées culturels et artistiques : période de l’art byzantin pour Constantinople, art sassanide des Perses.
    L’armistice durera peu. En 610 les Perses s’emparent de la Palestine et occupent Jérusalem. Suprême outrage, l’armée sassanide transporte la Sainte Croix dans sa capitale Ctésiphon.
    Ici arrive le moment où il faut rappeler que l’art byzantin, particulièrement spectaculaire dans les mosaïques de pavement, plaçait dans ses décors des Pintades parmi les oiseaux du Paradis, et que ces Pintades portaient toujours les doubles cornes symboliques qui conduisent notre récit au fil des siècles.
    La splendeur des califes Omeyyades
    Mais déjà se profile au fin fond de l’Arabie une nouvelle puissance conquérante, et une nouvelle chronologie de l’humanité (l’Hégire débute en 622).
    Le 30 août 636, le territoire de l’actuelle Jordanie passa de l’administration byzantine à la domination islamique, suite à la bataille du Yarmuk. Et en 642 les armées arabes abattent la dernière dynastie sassanide. La rapidité des conquêtes islamiques ne cesse de surprendre les historiens.
    Nous soulignerons simplement ici que la civilisation sassanide semble se poursuivre sous les Omeyyades. Les « Châteaux du désert », dont les vestiges parsèment la Jordanie, témoignent de l’intérêt des califes Omeyyades, résidant à Damas, pour leurs palais d’été pourvus de bains et de salles délicieusement décorées de mosaïques et de fresques.
Hallabat    La cour des Omeyyades de Damas, dont le plus célèbre souverain musulman fut Walid II, par son raffinement culturel et sa tolérance religieuse, préfigure l’Al-Andalus du califat de Cordoue. 
    Au nord-est d’Amman, le château de Qasr al-Hallâbat, bâti vers 750 environ, a conservé ses mosaïques et ses peintures d’époque Omeyyade.
    J’ai publié dans L’Oiseau nègre la photo d’une mosaïque où l’on reconnaît deux Pintades affrontées (page 129). Elles ont deux cornes sur le crâne selon le style iranien et byzantin.
    (Ci-dessus à gauche, mosaïque de pavement trouvée en place dans les ruines du château Omeyyade de Qars al-Hallâbat. Bâti vers 750 de notre ère. Les deux pintades affrontées poursuivent les thèmes de l'art sassanide en pleine époque musulmane. Photo Lamblard.)
   
Il nous reste à poursuivre la recherche des influences de l'iconographie persane sur d'autres rives méditerranéennes, en Espagne wisigothique par exemple, ce sera l'objet d'un prochain article.
    Jean-Marie Lamblard

Éléments de bibliographie :
- Catalogue « Les Perses sassanides. Fastes d’un empire oublié » Ed. Paris Musées, et Editions Findakly. 2006.
- BROMBERG C.A. « Sassanian stucco influence », in Orientalia Lovaniensia Periodica, 145, 1983, p 247.
- DARMESTETER James, « Traduction de l’Avesta » 1898. réédition chez Ed. Adrien Maisonneuve.
- DUCHESNE-GUILLEMIN Jacques, « La Religion de l’Iran ancien » PUF.
- GHIRSHMAN Roman, « Parthes et Sassanides », Univers des Formes, Gallimard. 1962.
- GRABAR A. « Le rayonnement de l’art sassanide dans le monde chrétien » in L’art au Moyen Age en Occident. Influences byzantines et orientales. Londres. 1970, pp. 679-707.
- GRENET  Frantz «La geste d’Arsashir fils de Pâdbâg », Ed A Die. 2003.
- LAMBLARD Jean-Marie, « L’Oiseau nègre. L’aventure des Pintades dionysiaques. » Ed. Imago Paris, 2005. 
- SAWYER Ch. H., « Sassanian Silver Late Antique and Early Medieval of Luxury from Iran », 1967. Michigan Museum. N° 17.  P. 105 et s.
- VARENNE Jean, « Zoroastre, le prophète de l’Iran » Ed. Dervy, 2006.
- VOLBACH W. F. «Oriental Influences in The Animal sculpture of Campania » Art Bull, 24, 1942, p. 172-180.
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                                 Jean-Marie Lamblard,

À gauche, bloc erratique photographié dans les ruines de l'Ile de Saï en Nubie soudanaise. l'inscription porte les noms des Nubiens "Nèhésiou", à la gloire du pharaon Aménophis II "Celui qui a ligoté la terre des Nubiens". Vers 1426-1401 av. notre ère. Photo Lamblard.

    A droite, hiéroglyphe de l'oiseau-nèh, "prière d'éternité", à Karnak. Photo Lamblard.




Voir en complément, sur le site: "La pintade oiseau de Paradis" :
http://lamblard.typepad.com/weblog/2006/10/oiseau_de_parad.html#more  .

    Et consultez l'article complet sur le hiéroglyphe "oiseau-nèh".
http://lamblard.typepad.com/weblog/2007/02/signe_hieroglyp.html

 

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Voici les sites qui parlent de IRAN DES SASSANIDES ET PINTADE :