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26 mai 2007

DJILALI, UN TIRAILLEUR ALGÉRIEN

  En souvenir de Djilali, soldat au 17e RTA


                           
     Paris 25 mai 2007

                                À Madame Halima K.
                                Douar Béni-Abdallah
                               

    En ce jour anniversaire, Madame Halima, nous vous écrivons, votre fils et moi, pour vous donner les renseignements que vous attendez sur la sépulture de votre père, Djilali Mohamed K., mort le 25 mai 1940 en France, caporal au 17e Régiment de Tirailleurs Algériens.
    Vous ne me connaissez pas, mais peut-être vous souvenez-vous que votre fils, Abdelhamid, vous a téléphoné un jour pour vous annoncer qu’il allait rechercher la tombe de son grand-père avec l’aide d’un Français ; vous avez demandé : « Un gaouri ?», Abdelhamid a dit oui, et vous avez ajouté : « C’est bien, Inch’Allah ! ».
Djilali1_2    Ce jour de bonnes rencontres, alors que votre fils s’inscrivait dans une école où il espérait apprendre un métier, et où j’avais à faire, il me demanda de remplir pour lui un formulaire, puis il me dit : « Mon grand-père est mort pour la France, mais je ne sais pas où il est enterré. » « En France, on respecte les soldats morts et leur sépulture est enregistrée ! », j’ai répondu.
    En vérité, je n’en savais rien, mais mon patriotisme en était convaincu. Il suffisait de connaître le nom, la date, les circonstances…
    Vous le savez, Madame, Abdelhamid est en France depuis une poignée d’années. Comme beaucoup d’autres jeunes Algériens, il est arrivé sans trop savoir pourquoi, et sans papiers.
    Un mois après notre rencontre, Abdelhamid revenait me voir avec des photocopies que vous lui aviez envoyées.
    Votre père Djilali était mort avec de nombreux frères d’armes, le 25 mai 1940 à Camelin dans l’Aisne, il avait 32 ans, et laissait une veuve, plus quatre enfants dont vous Halima qui aviez huit ans à l’époque.

    En ce samedi 25 mai 1940, la France entrait dans le 268e jour de la guerre...

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07 mai 2007

MARIANNE ET 14 JUILLET

    I - Aux symboles, citoyens !

    (Archives 2006):
    Avez-vous dansé un 14 juillet, place de la République ?
Marianne1    La ville de Paris soigne son patrimoine ; la statue de fonte bronzée est débarbouillée, tandis que le socle restauré paraît neuf.
    Le monument des frères Léopold et Charles Morice affiche ses symboles républicains en souveraine urbanité.
    Choisi en 1879 pour le centenaire de la Grande Révolution, ce monument fut inauguré le 14 juillet 1883 comme vous savez.

La déesse Liberté, couronnant la statue de la République à Paris, arborant sa nouvelle patine. Sculpture de Morice. (Ph. Lamblard)

    Le piédestal supporte trois femmes de pierre blanche accompagnées d’enfants, les trois Grâces, figuration de la Liberté, l’Égalité, et la Fraternité. À chaque manifestation populaire, ces allégories accueillent les Enfants du Paradis dans leurs bras... Des ornements exaltent aussi la ville de Paris, la paix et le travail. Le socle inférieur expose une série de douze bas-reliefs de bronze qui racontent les événements majeurs de la République. Ils sont de Aimé-Jules Dalou, nous reverrons plus avant ce grand artiste méconnu.
    Un énorme lion garde l’ensemble, fièrement campé : c’est le peuple masculin appelé au suffrage universel. Le lion symbole de domination, traditionnel emblème de la monarchie, pose ici en démocrate macho.
    Du haut de ses 23 mètres, une splendide femme domine la place. Incarnation de la République, elle brandit un rameau d’olivier et s’appuie sur le droit écrit, les Droits de l’homme et du citoyen. Ce n’est pas une idole.

RpubliquebÀ droite, le lion au pied de la statue, place de la République, un jour d'épaules nues et d'émancipation. (Ph. Lamblard)        
    L’Etat français républicain aime se présenter en femme. Pour un peuple qui ne donnera le droit de vote à sa moitié féminine qu’un siècle et demi après son avènement, ceci est singulier.
    En réalité, cette statue sensé représenter la République est la personnification de la déesse Liberté ; la seule divinité que l’on ne peut adorer que debout chante le poète.
    Monument d’allégories, pyramide de signes, cette statue commémorative n’est certainement pas une œuvre d’art selon le goût actuel, elle est cependant un chef-d’œuvre symbolique et, en ce sens, un document culturel du plus haut intérêt.
    Les images symboliques sont des marqueurs de civilisation.
    Savoir les lire, c’est participer de la communauté d’esprit qui nous précède sur cet obscur sentier, dont le terme échappe à l’individu, mais qui progresse et s’élève.
Gnie1    Ici aussi tout ce qui monte converge.
    Feux de guet, les symboles balisent et rassurent, ils tirent vers l’avant.

Oeuvre de Auguste Dumont, le Génie de la Liberté est placé au sommet de la colonne de Juillet, place de la Bastille. En 1830, la femme Liberté n'était plus de saison, ni le bonnet rouge d'ailleurs. Les emblèmes se devaient d'être masculins et ils le sont...
(Ph. Lamblard)


Suite ci-dessous.

Pour visualiser les douze panneaux de Dalou, cliquer sur le site de Xavier Chazelas : http://les12panneauxdelarepublique.blog.20minutes.fr/album/les_12_panneaux/20_juin_1789.3.html

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SITES COMPLICES

  • Actionreporter.com
    De magnifiques images sous mille soleils : trek dans le désert, montagnes du Pérou, alpes enneigées...
  • Les Editions Imago
    Les Editions Imago proposent des éssais, romans, témoignages, faits de société, enquête...
  • Polyphonies des Alpes de Méditerranée
    Le Corou de Berra, dirigé par Michel Bianco, est le courant le plus authentique et novateur du chant polyphonique des Alpes Méridionales.
  • Despatin, Gobeli, photographes
    François Despatin, Christian Gobeli, deux photographes, artistes du portrait et témoins de leur temps.
  • Ernest Pignon-Ernest
    Le site officiel de l'artiste plasticien, ami et complice en méléagriculture...
  • Le Monde Diplomatique
    La pintade, oiseau-nègre, vue par le Monde Diplomatique
  • Théâtre du Fust
    Créé et animé par Émilie Valantin, le Fust est depuis vingt ans la meilleure troupe de marionnettes tous publics de France.
  • Ligue des Droits de l'Homme, LDH.
    Le site de la LDH de Toulon, animé par FRANCOIS, est prioritairement le reflet des activités de la section régionale. Répodant aux enjeux locaux, il propose des éléments de réflexion sur le passé récent et le présent des relations franco- méditerranéennes. C'est un centre de ressources pour ceux qui s'interrogent sur les relations de l'homme et de la société.
  • René Merle et la culture d'Oc.
    Chroniqueur et romancier, agrégé d'histoire, René Merle présente un regard sur trente ans d'activités dans les domaines de la fiction , poésie, théâtre, ainsi que la recherche socio linguistique au bénéfice de la culture d'Oc. Son site est un jardin d'Épicure.
  • Les Éditions Comp'Act
    Poèsie, théâtre, essais, roman, et deux revues : "La Main de singe", et "La Polygraphe". Henri PONCET a créé sa maison dans les années 80 et l'a installée à Chambéry. Comp'Act est tout simplement un éditeur français de création littéraire qui honore sa profession.
  • EUROPE, revue littéraire mensuelle.
    Fondée en 1923 sous l'égide de Romain Rolland, EUROPE est aujourd'hui encore l'une des principales publications littéraires de langue française. Ses dossiers consacrés à un auteur ou un courant esthétique font autorité. C'est une revue que l'on garde dans sa bibliothèque et que l'on consulte; le rendez-vous des amoureux des lettres et de la littérature.
  • Lettres d'Archipel
    "Lettres d'Archipel", chaque mois, une chronique sous forme de lettre est adressée gratuitement aux correspondants qui laissent leur adresse électronique en cliquant sur le lien : jm@lamblard.com

ARCHIPEL DES MOTS


  • Le mot archipel a une histoire, mieux qu'une étymologie. L'italien "arcipelago" conserve l'origine grecque venue de la mer Égée. D'abord "mer parsemée d'îles", l'archipel est aujourd'hui un groupe d'îlots. C'est à l'archipel qui se trouve au large de sa baie, que la ville d'Alger doit son nom, Al-Djaza'ir, venu de l'arabe. Auparavant, le site se nommait "Ikosim" en punique, "Ile aux Mouettes... Les latin écriront "Icosium".

  • Barberousse, le corsaire turc qui fonda la citadelle d'Alger vers 1517, annexa également la poignée d'îlots située au large.

  • Ibn Khaldoun écrit, à la fin du XIVe siècle, dans le tome second de l'"Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale", qu'un Fatimide autorisa la fondation de trois villes, dont une "sur le bord de la mer appelée Djézaïr-Béni-Mezghanna (les îles des enfants de Mezghanna). Maintenant Alger..." Les Béni-Mezghanna sont des Kabyles. De la ville, le nom passa au pays dont Alger devint la capitale en 1839.

  • Le terme français archipel a reçu par métaphore la valeur d'ensemble... Les mots comme les hommes ont des ailes, ils voyagent.... Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages, dans la nuit éternelle emportés sans retour...

  • Des idées et des mots en Archipel. Sur la mer des Deux Rives, et ses horizons qui furent de tout temps au coeur de l'imaginaire, voguant sous le pavillon des Lumières, Archipel se déroule à l'image d'un portulan virtuel. Il s'élabore d'une escale à l'autre, en usant des chemins de traverse et du réseau de voies qu'empruntent les migrations d'hommes, d'oiseaux, et de mots. Le domaine est l'espace méditerranéen jusqu'aux terres du pourtour.

  • Pour ce puzzle, les avatars de l'imaginaire sont à réinventer toujours, comme s'y emploient les oeuvriers de l'Art Brut et les Vagabonds des Lettres. Archipel ! De Venise à Alexandrie, d'Occitanie en Egypte, des Iles d'Or à Chypre, de Kateb Yacine à Frédéric Mistral, d'Artémis à Marianne, des Vautours aux Pintades, du Sanglier à l'Ours, les signes se répondent et s'échangent.