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16 juillet 2007

VAUTOURS ET TOURS DU SILENCE EN IRAN.

    LA RELIGION DES CORPS EXPOSÉS AUX VAUTOURS

    Au pays du Mazdéisme et de Zarathoustra
    Cet article se propose de faire le point sur un mode funéraire rare mais suffisamment attesté, et encore en usage de nos jours dans un grand pays moderne et industriel, où le cadavre humain est exposé au soleil dans une "Tour du silence", afin que les oiseaux charognards le décharnent. 
    Ces "funérailles célestes", dont le raffinement spirituel apparaît peu au premier regard, ont pour conséquences secondaires de ne point laisser de traces facilement identifiables par la recherche archéologique. Nous circonscrirons notre survol dans un champ qui ne dépassera l'Europe et l'Asie proche, particulièrement le plateau iranien.  Une brève incursion en régions Berbères d'Algérie, ainsi qu'un regard sur les Celtes méditerranéens ébaucheront de futures investigations.

Toursilence2     Les rites funéraires sont à travers l'espace et le temps l'un des principaux témoignages de civilisation, et furent parmi les indices de l'hominisation, avec la domestication du feu. Si l'on considère que le premier humain qui prit soin de ses morts vivait il y a plus de 300 000 ans (Neandertal), on peine à concevoir le nombre de sépultures, de protocoles d'inhumation, d'incinération, et d'autres modes de résorption du cadavre que cet animal pensant et imaginatif dût mettre en pratique.

  Le vautour commun (karkas en iranien), espèce de vautour fauve, est devenus très rares en Iran depuis l'interdiction des "Tours du silence".

   Certaines civilisations n'ont laissé que des tombes. Que resterait-il des Etrusques, ou même de l'Egypte ancienne, si l'on faisait abstraction du domaine funéraire ? Il ne faut point s'étonner de ce que nous rassemblons sous le vocable « funérailles célestes » pour la commodité du propos soit quasiment inexistant dans la documentation : les restes mortuaires deviennent difficilement identifiables par la suite.
    L'attention portée au cadavre, et le rituel communautaire de prise en charge de la dépouille sont définis par la religion officielle dominée par ses croyances en une survie, une renaissance, une métempsycose, ou le néant, avec des considérations dictées par le mode de vie nomade ou sédentaire, agricole ou pastoral. Nous achèverons cette note en nous interrogeant sur certaines nécropoles des Gaulois.

      Une "Tour du silence" à Yazd, Iran.Lieu où l'on transportaient les cadavres humains pour les confier aux rapaces. (Photo Lamblard. Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Toursilence1   Les textes principalement et l'observation ethnologique permettent une première approche de ce singulier destin du corps humain après la mort. On perçoit aussitôt l'importance de l'écriture et des relations antiques conservées pour l'estimation des peuples anciens, et de leur prise en considération par les historiens.
    Déjà, une inégalité de traitement : des civilisations, et non des moindres, n'ont pas utilisé l'écriture pour noter leur propre mémoire, ce sont leurs voisins, et souvent leurs ennemis, qui en parlent. Ici encore, il faudra prendre en compte le contexte.
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15 juillet 2007

JUILLET 1968 AU FESTIVAL D'AVIGNON

  Souvenir de Juillet 68 en Provence, le Living Teatre !

    L'imagination n'a pas pris le pouvoir


    68, révolte d'une fraction avançée de la jeunesse qui tentait d'échapper au danger, bien français, de rancissure.
    En 1968, je besognais dans la mouvance du théâtre avignonnais en participant activement aux spectacles de la Compagnie des Carmes. Avignon ne nourrissait pas beaucoup de propositions artistiques.     Mon lieu refuge était plutôt le Musée d’histoire naturelle. Les aventures théâtrales innovatrices permanentes sur la ville, à cette époque, ne devaient pas concerner plus de trois équipes : Hubert Jappelle, dont j’étais un fidèle depuis les soirées des ruines de Saint-Ruf ; André Benedetto, que je suivais depuis notre première rencontre autour d’un récital Paul Éluard ; et le petit dernier, Gérard Gélas, qui sortait à peine d'un lycée d'Avignon.

Philipe    Enfant, j’avais découvert le théâtre grâce à Jean Vilar : pour récompenser l’écolier, qui venait d'obtenir son certificat d’études primaires, on l’amena voir Richard II au Palais des papes.
    Aller en Avignon dans les grands magasins était ordinairement pour les petits paysans les prémices de la fête. Ma mère avait mis sa robe des dimanches. Pour elle, Avignon prenait la suite des Chorégies d’Orange où le grand-père conduisait sa famille une fois l’an, en charrette. J’avais joué au comédien pour la kermesse, on me fit donc ce cadeau inattendu et insolite d’une soirée théâtrale pour de vrai.
    Nous sortions de la guerre, un besoin de fêtes nous excitait.
    Et l’année suivante, je m’y rendrai seul à bicyclette pour assister à un autre Shakespeare.Vilar
    Mais c’est Le Prince de Hombourg qui marquera la première vraie rencontre, la nuit majeure, l’éblouissement et la fêlure. De cette représentation, les jours ne furent plus semblables aux précédents.
    Je vécus dans l’attente du retour annuel du TNP. 
     Hormis les deux années où l’on m’envoya guerroyer en Algérie, je suivis tous les Festivals, faisant partie des obscurs, des petits, du public qui payait ses places.
    Gérard Philipe, jean Vilar et Maria Casarès au Festival d'Avignon. Souvenir des années fastueuses du Théâtre National Populaire. Photos Agnès Varda et Aigles.   
     Quatre ou cinq ans avant 1968, l’usure du Festival se ressentait et les rapiéçages se laissaient voir. L’arrivée de Planchon fit diversion le temps d’inaugurer un lieu ouvert à tous les vents. La danse de Béjart attira un autre public. On vit même La Chinoise de Godard onduler sur un grand drap contre le mur du palais (les huées du public visaient les mauvaises conditions techniques et non le film...).
    Et, en 1967, après avoir chassé les gitans qui squattaient le site, Paul Puaux fit abattre le cèdre centenaire du cloître des Carmes pour jouer "Silence, l’arbre remue encore" de Billetdoux dans ce nouveau lieu historique.
Puaux    Bref, 1968 arriva et le Festival annonça le LIVING Theatre de Judith Malina et Julian Beck... Le LIVING, pour montrer que le Festival restait "dans le coup".

  Deux directeurs du Festival : Paul Puaux, Bernard Faivre-d'Arcier, et Melly Puaux, les successeurs.  (Cliquer sur l'image pour agrandir) Photo Lamblard.
   
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SITES COMPLICES

  • Actionreporter.com
    De magnifiques images sous mille soleils : trek dans le désert, montagnes du Pérou, alpes enneigées...
  • Les Editions Imago
    Les Editions Imago proposent des éssais, romans, témoignages, faits de société, enquête...
  • Polyphonies des Alpes de Méditerranée
    Le Corou de Berra, dirigé par Michel Bianco, est le courant le plus authentique et novateur du chant polyphonique des Alpes Méridionales.
  • Despatin, Gobeli, photographes
    François Despatin, Christian Gobeli, deux photographes, artistes du portrait et témoins de leur temps.
  • Ernest Pignon-Ernest
    Le site officiel de l'artiste plasticien, ami et complice en méléagriculture...
  • Le Monde Diplomatique
    La pintade, oiseau-nègre, vue par le Monde Diplomatique
  • Théâtre du Fust
    Créé et animé par Émilie Valantin, le Fust est depuis vingt ans la meilleure troupe de marionnettes tous publics de France.
  • Ligue des Droits de l'Homme, LDH.
    Le site de la LDH de Toulon, animé par FRANCOIS, est prioritairement le reflet des activités de la section régionale. Répodant aux enjeux locaux, il propose des éléments de réflexion sur le passé récent et le présent des relations franco- méditerranéennes. C'est un centre de ressources pour ceux qui s'interrogent sur les relations de l'homme et de la société.
  • René Merle et la culture d'Oc.
    Chroniqueur et romancier, agrégé d'histoire, René Merle présente un regard sur trente ans d'activités dans les domaines de la fiction , poésie, théâtre, ainsi que la recherche socio linguistique au bénéfice de la culture d'Oc. Son site est un jardin d'Épicure.
  • Les Éditions Comp'Act
    Poèsie, théâtre, essais, roman, et deux revues : "La Main de singe", et "La Polygraphe". Henri PONCET a créé sa maison dans les années 80 et l'a installée à Chambéry. Comp'Act est tout simplement un éditeur français de création littéraire qui honore sa profession.
  • EUROPE, revue littéraire mensuelle.
    Fondée en 1923 sous l'égide de Romain Rolland, EUROPE est aujourd'hui encore l'une des principales publications littéraires de langue française. Ses dossiers consacrés à un auteur ou un courant esthétique font autorité. C'est une revue que l'on garde dans sa bibliothèque et que l'on consulte; le rendez-vous des amoureux des lettres et de la littérature.
  • Lettres d'Archipel
    "Lettres d'Archipel", chaque mois, une chronique sous forme de lettre est adressée gratuitement aux correspondants qui laissent leur adresse électronique en cliquant sur le lien : jm@lamblard.com

ARCHIPEL DES MOTS


  • Le mot archipel a une histoire, mieux qu'une étymologie. L'italien "arcipelago" conserve l'origine grecque venue de la mer Égée. D'abord "mer parsemée d'îles", l'archipel est aujourd'hui un groupe d'îlots. C'est à l'archipel qui se trouve au large de sa baie, que la ville d'Alger doit son nom, Al-Djaza'ir, venu de l'arabe. Auparavant, le site se nommait "Ikosim" en punique, "Ile aux Mouettes... Les latin écriront "Icosium".

  • Barberousse, le corsaire turc qui fonda la citadelle d'Alger vers 1517, annexa également la poignée d'îlots située au large.

  • Ibn Khaldoun écrit, à la fin du XIVe siècle, dans le tome second de l'"Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale", qu'un Fatimide autorisa la fondation de trois villes, dont une "sur le bord de la mer appelée Djézaïr-Béni-Mezghanna (les îles des enfants de Mezghanna). Maintenant Alger..." Les Béni-Mezghanna sont des Kabyles. De la ville, le nom passa au pays dont Alger devint la capitale en 1839.

  • Le terme français archipel a reçu par métaphore la valeur d'ensemble... Les mots comme les hommes ont des ailes, ils voyagent.... Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages, dans la nuit éternelle emportés sans retour...

  • Des idées et des mots en Archipel. Sur la mer des Deux Rives, et ses horizons qui furent de tout temps au coeur de l'imaginaire, voguant sous le pavillon des Lumières, Archipel se déroule à l'image d'un portulan virtuel. Il s'élabore d'une escale à l'autre, en usant des chemins de traverse et du réseau de voies qu'empruntent les migrations d'hommes, d'oiseaux, et de mots. Le domaine est l'espace méditerranéen jusqu'aux terres du pourtour.

  • Pour ce puzzle, les avatars de l'imaginaire sont à réinventer toujours, comme s'y emploient les oeuvriers de l'Art Brut et les Vagabonds des Lettres. Archipel ! De Venise à Alexandrie, d'Occitanie en Egypte, des Iles d'Or à Chypre, de Kateb Yacine à Frédéric Mistral, d'Artémis à Marianne, des Vautours aux Pintades, du Sanglier à l'Ours, les signes se répondent et s'échangent.