Hommage à l'égyptologue Jean Yoyotte
Mère-des-Mères, mangeur de chairs mortes, "oiseau sarcophage", le vautour symbolisait, en Egypte ancienne, le cycle vital, la régénération.
Sur les bas-reliefs, ce grand oiseau volant, celui qui plane le plus haut dans le ciel, indique à Pharaon l’endroit où aura lieu la victoire.
L'héritage ne se perdra pas. Selon l’Évangile de Luc, Jésus aurait dit : « Où sera le corps, là aussi les vautours se rassembleront… » (Luc,17-37.)
Cet oiseau rapace, grand méconnu aujourd’hui, avait inspiré à l’égyptologue Jean YOYOTTE, Professeur honoraire au Collège de France, ces lignes :
<<Si l’on veut bien regarder vers le ciel, on reconnaîtra que les vautours, par l’envergure de leurs ailes et par l’aisance majestueuse de leur vol, comptent parmi les plus superbes des rapaces. Si on observe leur manière de vivre, on s’apercevra que c’est grâce à une vue portant très loin et à une ouïe spécialement affinée qu’ils repèrent ce qui se passe sur terre entre les hommes et entre les autres animaux, pour accourir vers leur puante nourriture. Ces dons avaient frappé les Anciens. Une fable égyptienne, particulièrement sophistiquée puisqu’elle prête à notre oiseau des habitudes qu’il ne possède aucunement dans la nature, rapporte le dialogue de deux dames vautours, l’une diurne, appelée VOIR qui regarde jusqu’aux profondeurs de la mer, l’autre nocturne, appelée ENTENDRE qui perçoit ce qui se passe à partir des cieux.
Elles se racontent comment elles ont constaté que, de la mouche avalée par le lézard au poisson-chat dévoré par un lion, une série de huit bêtes se sont mangées les unes après les autres. La dernière, le lion, a été exterminé par le griffon, allégorie fantastique de la mort. Et les deux nécrophages (qui, eux, mangent mais ne tuent point), de tirer la morale de leurs observations. Rê, le soleil qui régit le monde et dont deux attributs majeurs sont le Voir et l’Entendre, sait tout de tous les êtres vivants et exerce la justice : ‘Celui qui tue sera tué.>> ...
« Le Vautour, mythes et réalités » Page11. Préface (extraits) de Jean Yoyotte. Éditions Imago, paris, 2001.
Trois photos prises en Egypte. Ici à droite, le Professeur Jean Yoyotte dans le temple d'Amon de Siouah, et à gauche sur un sarcophage à Meidoun. (Photos Lamblard) Voir également, les Tours du silence.
Sur les deux principales espèces de vautours que l'on rencontre dans la civilisation égyptienne, figurés sur les monuments et utilisés dans les textes hiéroglyphiques, l'amateur peut consulter les articles présents sur le présent site ou le livre cité plus haut.
Pour une description ornithologique, vir l'excellent site "Oiseaux-net" et l'article de Nicole Bouglouan en cliquant ici.

A gauche, Jean Yoyotte sur le chantier de fouilles de Tanis.(Photo Lamblard)
Professeur honoraire au Collège de France, directeur d'études à l'École pratique des Hautes études, ancien chef de la mission française des fouilles de Tanis, Jean Yoyotte poursuivit pendant cinquante ans des recherches de géographie historique de l'Egypte ancienne.
Il a notamment publié, "Les Pharaons" (Noêsis, 1996). Collaboré au "Dictionnaire de la civilisation égyptienne" (hazan, 1998). Et au "Le Voyage en Egypte" de Strabon. (Nil-Editions, 1977.)
Jean Yoyotte, tout au long de sa carrière, a rédigé d'innombrables articles qui font autorité en égyptologie ; ses communications au Collège de France sont restées célèbres.
A droite, Philippe Brisseaud s'entretient avec Jean Yoyotte dans les vestiges du site de Tanis.
Au cours d'une conférence au Caire en 1999. (Photos Lamblard)
En prolongement de cet article, on peut découvrir la curieuse histoire du pélican qui donne ses entrailles en pâture à ses enfants dont l'origine est à rechercher en Egypte ancienne chez les vautours... : Cliquer ici
Et l'ouvrage de base sur la mythologie du vautour : "Le Vautour mythe et réalités", chez Imago.
