07 mai 2007

MARIANNE ET 14 JUILLET

    I - Aux symboles, citoyens !

    (Archives 2006):
    Avez-vous dansé un 14 juillet, place de la République ?
Marianne1    La ville de Paris soigne son patrimoine ; la statue de fonte bronzée est débarbouillée, tandis que le socle restauré paraît neuf.
    Le monument des frères Léopold et Charles Morice affiche ses symboles républicains en souveraine urbanité.
    Choisi en 1879 pour le centenaire de la Grande Révolution, ce monument fut inauguré le 14 juillet 1883 comme vous savez.

La déesse Liberté, couronnant la statue de la République à Paris, arborant sa nouvelle patine. Sculpture de Morice. (Ph. Lamblard)

    Le piédestal supporte trois femmes de pierre blanche accompagnées d’enfants, les trois Grâces, figuration de la Liberté, l’Égalité, et la Fraternité. À chaque manifestation populaire, ces allégories accueillent les Enfants du Paradis dans leurs bras... Des ornements exaltent aussi la ville de Paris, la paix et le travail. Le socle inférieur expose une série de douze bas-reliefs de bronze qui racontent les événements majeurs de la République. Ils sont de Aimé-Jules Dalou, nous reverrons plus avant ce grand artiste méconnu.
    Un énorme lion garde l’ensemble, fièrement campé : c’est le peuple masculin appelé au suffrage universel. Le lion symbole de domination, traditionnel emblème de la monarchie, pose ici en démocrate macho.
    Du haut de ses 23 mètres, une splendide femme domine la place. Incarnation de la République, elle brandit un rameau d’olivier et s’appuie sur le droit écrit, les Droits de l’homme et du citoyen. Ce n’est pas une idole.

RpubliquebÀ droite, le lion au pied de la statue, place de la République, un jour d'épaules nues et d'émancipation. (Ph. Lamblard)        
    L’Etat français républicain aime se présenter en femme. Pour un peuple qui ne donnera le droit de vote à sa moitié féminine qu’un siècle et demi après son avènement, ceci est singulier.
    En réalité, cette statue sensé représenter la République est la personnification de la déesse Liberté ; la seule divinité que l’on ne peut adorer que debout chante le poète.
    Monument d’allégories, pyramide de signes, cette statue commémorative n’est certainement pas une œuvre d’art selon le goût actuel, elle est cependant un chef-d’œuvre symbolique et, en ce sens, un document culturel du plus haut intérêt.
    Les images symboliques sont des marqueurs de civilisation.
    Savoir les lire, c’est participer de la communauté d’esprit qui nous précède sur cet obscur sentier, dont le terme échappe à l’individu, mais qui progresse et s’élève.
Gnie1    Ici aussi tout ce qui monte converge.
    Feux de guet, les symboles balisent et rassurent, ils tirent vers l’avant.

Oeuvre de Auguste Dumont, le Génie de la Liberté est placé au sommet de la colonne de Juillet, place de la Bastille. En 1830, la femme Liberté n'était plus de saison, ni le bonnet rouge d'ailleurs. Les emblèmes se devaient d'être masculins et ils le sont...
(Ph. Lamblard)


Suite ci-dessous.

Pour visualiser les douze panneaux de Dalou, cliquer sur le site de Xavier Chazelas : http://les12panneauxdelarepublique.blog.20minutes.fr/album/les_12_panneaux/20_juin_1789.3.html

Lire la suite "MARIANNE ET 14 JUILLET" »

16 novembre 2006

DE SIDI-BRAHIM A PERISSAC EN GIRONDE

    Souvenirs du massacre de Sidi-Brahim, par Dalou 

    Résumé :
    La ville d’Oran s’était dotée d’un beau monument commémorant le désastre de Sidi-Brahim en 1845. Les statues de bronze étaient signées Aimé-Jules Dalou. À l’indépendance de l’Algérie, l’effigie de la France a été remplacée par le buste d’Abd el-Kader. Qu’est devenue l’œuvre de Dalou enlevée de la place d’Oran ? Qui était l'émir  Abd el-Kader vainqueur de Sidi-Brahim ? Que reste-t-il aujourd'hui à Oran du monument commémoratif ? C'est à ces questions que répond le dossier :


   On a retrouvé la France de Dalou

    L’Européen libéré de ses frontières sait qu’en se promenant de part et d’autre du Rhin il rencontrera encore les monuments aux morts des guerres passées portant, liés comme des gerbes, les noms innombrables de ceux que la grande faucheuse a laissés sur les champs de carnage.
    Traverserons-nous bientôt la Méditerranée avec le même regard lavé de ceux qui s’avancent au-devant de la vie ?
    C’est d’un monument qu’il sera question aujourd’hui et, comme trop souvent, d’un monument commémoratif de massacre.
    Je veux parler du monument de Sidi-Brahim érigé à Oran au XIXe siècle, composition du sculpteur Aimé-Jules Dalou.
    Depuis une quarantaine d’années, l’un des chef-d’oeuvres de Dalou a disparu de son piédestal sur la place centrale d’Oran et personne ne pouvait (ou ne voulait) dire où il se trouvait. L’oeuvre originale comportait un groupe de trois statues, la France, la Gloire, et le Soldat blessé. Depuis 1962, le bronze représentant la "France" n’était plus à sa place au pied de l’obélisque de marbre.
    
    Est-ce l’air du temps ou le bouche à oreille ? Sans date anniversaire à célébrer ni révélation people, Aimé-Jules Dalou sort lentement de l’oubli. Nous en voulons pour preuve la place qui lui a récemment été attribuée au Petit Palais, quelques articles dans les revues, et les courriers que nous recevons depuis la publication de notre première chronique le concernant.
    Vous qui suivez, lettres après lettres, l’élaboration de ce « théâtre de centons » virtuel, savez où se trouvent les principales créations du sculpteur Dalou. Peut-être le grand public, et même ceux des Parisiens qui tournent chaque jour place de la Nation autour des bronzes du Triomphe de la
République
, ignorent-ils encore cet artiste génial et admirable citoyen ?…
    À droite, carte postale représentant le monument sur la grand place d'Oran vers 1950. (Collection Partouche)    Oran5_1

    Aux héros de Sidi-Brahim
    Le bronze « la France » de Dalou faisait donc partie du groupe dédié à la gloire des héros de Sidi-Brahim, érigé à Oran le 26 décembre 1898. L’ensemble ayant pour âme un obélisque de huit mètres de haut était couronné d’une figure ailée, une  Gloire portant la palme aux braves, placée au sommet du monument. Au-dessous, contre le piédestal, la France écrivant sur le marbre du souvenir, et, au premier plan, livré à la compassion des passants, le Soldat mortellement blessé.
    Ce groupe commémoratif avait été érigé par souscription sur la Place d’armes au centre de la ville et passait pour le plus beau monument d’Algérie. Il immortalisait le souvenir des combats de Sidi-Brahim.
    Par une nuit de 1962 la France fut enlevée de son socle.

    Le massacre du 26 septembre 1845
    Nous pourrions craindre aujourd’hui que Sidi-Brahim n’ait laissé qu’un vague souvenir dans la mémoire de nos concitoyens hexagonaux ; il n’en va pas de même pour ceux qui ont connu l’Algérie française.
    Le drame s’est déroulé au nord-ouest de Tlemcen, non loin de la frontière marocaine, proche du village de Ghazaouet, autour de la koubba du marabout Sidi-Brahim. (Ci-dessous, la koubba du Marabout d'Oran)
 

Koubba    C’est contre la tombe du saint musulman qu’eut lieu un massacre de soldats comme, hélas, la litière des nations en est jonchée.
    L’histoire des peuples se résume trop souvent en récits de batailles où tombèrent des moissons de jeunes hommes perdus par l’imprudence ou l’orgueil de leurs chefs et pour le plus grand profit des marchands de gloire.
    En consolation des mères et des fiancées, les annales exaltent les faits d’armes pour que la mémoire populaire garde le souvenir des héros, et l’on multiplie les fastes afin que peut-être les évocations belliqueuses conditionnent les jeunes générations pour de prochains holocaustes.
    Le 26 septembre 1845, le combat de Sidi-Brahim opposa  un petit détachement du corps expéditionnaire français à plus de cinq mille cavaliers de l’émir Abd el-Kader. Il n’y eu que 16 survivants du côté français. Et combien de morts de part et d’autre ?
    Le maréchal Bugeaud étant rappelé en France pour quelques mois, c’était le général Lamoricière qui assumait par intérim le commandement supérieur de l’armée coloniale.
    Le colonel de Montagnac commandait le camp fortifié de Djemaa Ghazaouet (Nemours).
    Montagnac apprend le 21 septembre 1845 —était-ce un piège ? — qu’Abd el-Kader se trouve à la tête de ses cavaliers sur la frontière du Maroc, pays dont le sultan avait été vaincu, comme l’on sait, le 14 août 1844 à l’oued Isly.
    Montagnac, soldat brave mais stratège aventureux et homme violent, à la tête de sa petite troupe composée de 350 Chasseurs et 60 cavaliers du 2e Hussard, se lance au-devant de l’émir vers le Djebel Kerkour, et engage le combat sans se soucier du nombre de ses adversaires.
    Les instructions données à Montagnac lui prescrivaient d’être prudent et de ne point s’aventurer hors de son fortin. Il n’en tient aucun compte. Il sort poussé par le désir de surprendre Abd el-Kader et d’en découdre. On se croirait dans un western d’Anthony Mann.
    Ayant laissé une partie de sa troupe au bivouac près du sanctuaire de Sidi-Brahim, le colonel de Montagnac, affronté aux forces algériennes, est tué des premiers à la tête de ses hussards, et sa petite escouade est complètement écrasée par les cavaliers arabes. Une colonne de renfort qui se hâte à son secours est anéantie à son tour. Le capitaine Louis Dutertre ainsi qu’un grand nombre de soldats sont faits prisonniers par Abd el-Kader.
    Ce premier affrontement, funeste pour les Français, n’était qu’un début.
(Gravure représentant la prise d'Alger en 1830)

1830alger    Un caporal et quinze hommes
    Le lendemain, le capitaine de Géreaux à qui Montagnac avait confié le reste du détachement, les chevaux de rechange et l’intendance en réserve près de Sidi-Brahim, subit à son tour l’assaut des guerriers musulmans.
    La koubba abritée d’un figuier va servir de point d’appui à la résistance des derniers Français. Géreaux, espérant recevoir du secours, rameute ce qui reste de la compagnie et se retranche dans le péribole de l’édifice. Le caporal Edme Lavayssière qui assurait la garde du troupeau de remonte et des bagages se joint au dernier carré. Ils sont à peine 80 fusils pour faire front aux milliers de guerriers qui déferlent.
    Abd el-Kader, en ce début d’après-midi, dans la chaleur écrasante, comprend que ses adversaires, privés d’eau et de ravitaillement, coupés de leur base, sont épuisés et sans espoir d’être secourus. Il leur demande de se rendre et met le siège autour du sanctuaire.
    Le harcèlement sera permanent, il durera trois jours. Par trois fois, Géreaux blessé opposera son refus de céder aux sommations de l’émir.
    L’ennemi fera alors amener devant les soldats barricadés le capitaine Dutertre, prisonnier de la première offensive, avec mission de proposer aux assiégés de rendre les armes et de sortir de leurs retranchements.
    « Camarades défendez-vous jusqu’à la mort ! » crie Dutertre avant d’être décapité.
(Ci-contre, la France "mère-patrie" de Dalou écrivant pour la postérité l'invite du capitaine à ses hommes. Photo Lamblard )

Francedalou2    Abd el-Kader ordonne alors d’exhiber sur la crête du djebel les autres prisonniers français afin d’ébranler la détermination des assiégés. En vain. Les heures passent  et la résistance des derniers Chasseurs ne faiblit pas.
    Malheureusement, les cartouches s’épuisent et les renforts espérés ne viennent pas. Le 26 septembre à l’aube, le dernier carré tente une ultime sortie dans l’espoir de briser l’encerclement. C’est le caporal Lavayssière qui prend le commandement des opérations. Il fait placer les blessés au centre du groupe et, baïonnettes en avant, lance les hommes contre les assaillants embusqués.
    Sous l’extraordinaire autorité d’un simple caporal de Chasseurs, les derniers Français bondissent hors de la koubba et progressent vers la plaine. Ils ne seront plus que 16 survivants à être recueillis par la garnison venue enfin à leur secours ; 15 Chasseurs plus un caporal, le seul homme à avoir réussi à conserver son arme jusqu’au bout. Une centaine de prisonniers restera aux mains d’Abd el-Kader. Et combien de morts chez l’ennemi ? l’Histoire ne s’en souvient pas.
    L’anniversaire de cet accrochage et de l’admirable résistance des soldats est devenu la fête traditionnelle des Chasseurs à pied.
    Le temps ayant passé, de tous ces morts des deux camps permettez qu’on joigne les mains au bas de cette page afin de pouvoir la tourner.

    Une femme agenouillée
    Le monument commémoratif d’Oran rendait un juste hommage aux soldats de Sidi-Brahim, et le bronze de Dalou représentait la patrie France écrivant en lettres de sang pour la postérité la phrase lancée par le capitaine Dutertre : « Camarades défendez-vous jusqu’à la mort ! »
    Je ne connais de ce monument que de rares photos où l’on voit une belle jeune femme, comme Dalou aime à en sculpter, agenouillée, traçant l’invite du  malheureux héros ; la France ici sœur de Simonidès écrivant sur le rocher des Thermopyles : Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts pour obéir à ses lois.
    En 1956, je me trouvais près de Beni Mered, dans la ferme de Ben Ali-Bey, d’où l’on pouvait apercevoir la statue du sergent Blandan qui lui aussi prononça de belles paroles, alors qu’avec seulement 22 hommes il avait été envoyé par ses chefs pour soutenir une lutte aussi glorieuse que désespérée contre 300 cavaliers arabes. « Courage, mes amis, défendez-vous jusqu’à la mort ! », c’était le 11 avril 1842.
    La Garde meurt et ne se rend pas ! aurait crié Cambronne à qui l’on prête beaucoup de mots. Et dans la « Maison de la dernière cartouche » à Bazeilles le 1er septembre 1870, tandis que Napoléon III mourant de la gravelle capitulait devant Sedan et se rendait avec 83 000 hommes aux Prussiens, d’immortelles paroles furent prononcées dignes d’être elles aussi gravées dans le marbre.
    Ce serait grande misère pour les familles s’il se trouvait un homme au seuil de la vieillesse qui n’aurait d’autre récit de gloire à confier à ses proches que ceux des batailles où le destin l’aurait oublié dans l’ordre du malheur.
    Tentons de croire qu’il existe aussi des paroles d’amour et de fraternité.
...suite :

Lire la suite "DE SIDI-BRAHIM A PERISSAC EN GIRONDE " »

SITES COMPLICES

  • Actionreporter.com
    De magnifiques images sous mille soleils : trek dans le désert, montagnes du Pérou, alpes enneigées...
  • Les Editions Imago
    Les Editions Imago proposent des éssais, romans, témoignages, faits de société, enquête...
  • Polyphonies des Alpes de Méditerranée
    Le Corou de Berra, dirigé par Michel Bianco, est le courant le plus authentique et novateur du chant polyphonique des Alpes Méridionales.
  • Despatin, Gobeli, photographes
    François Despatin, Christian Gobeli, deux photographes, artistes du portrait et témoins de leur temps.
  • Ernest Pignon-Ernest
    Le site officiel de l'artiste plasticien, ami et complice en méléagriculture...
  • Le Monde Diplomatique
    La pintade, oiseau-nègre, vue par le Monde Diplomatique
  • Théâtre du Fust
    Créé et animé par Émilie Valantin, le Fust est depuis vingt ans la meilleure troupe de marionnettes tous publics de France.
  • Ligue des Droits de l'Homme, LDH.
    Le site de la LDH de Toulon, animé par FRANCOIS, est prioritairement le reflet des activités de la section régionale. Répodant aux enjeux locaux, il propose des éléments de réflexion sur le passé récent et le présent des relations franco- méditerranéennes. C'est un centre de ressources pour ceux qui s'interrogent sur les relations de l'homme et de la société.
  • René Merle et la culture d'Oc.
    Chroniqueur et romancier, agrégé d'histoire, René Merle présente un regard sur trente ans d'activités dans les domaines de la fiction , poésie, théâtre, ainsi que la recherche socio linguistique au bénéfice de la culture d'Oc. Son site est un jardin d'Épicure.
  • Les Éditions Comp'Act
    Poèsie, théâtre, essais, roman, et deux revues : "La Main de singe", et "La Polygraphe". Henri PONCET a créé sa maison dans les années 80 et l'a installée à Chambéry. Comp'Act est tout simplement un éditeur français de création littéraire qui honore sa profession.
  • EUROPE, revue littéraire mensuelle.
    Fondée en 1923 sous l'égide de Romain Rolland, EUROPE est aujourd'hui encore l'une des principales publications littéraires de langue française. Ses dossiers consacrés à un auteur ou un courant esthétique font autorité. C'est une revue que l'on garde dans sa bibliothèque et que l'on consulte; le rendez-vous des amoureux des lettres et de la littérature.
  • Lettres d'Archipel
    "Lettres d'Archipel", chaque mois, une chronique sous forme de lettre est adressée gratuitement aux correspondants qui laissent leur adresse électronique en cliquant sur le lien : jm@lamblard.com

ARCHIPEL DES MOTS


  • Le mot archipel a une histoire, mieux qu'une étymologie. L'italien "arcipelago" conserve l'origine grecque venue de la mer Égée. D'abord "mer parsemée d'îles", l'archipel est aujourd'hui un groupe d'îlots. C'est à l'archipel qui se trouve au large de sa baie, que la ville d'Alger doit son nom, Al-Djaza'ir, venu de l'arabe. Auparavant, le site se nommait "Ikosim" en punique, "Ile aux Mouettes... Les latin écriront "Icosium".

  • Barberousse, le corsaire turc qui fonda la citadelle d'Alger vers 1517, annexa également la poignée d'îlots située au large.

  • Ibn Khaldoun écrit, à la fin du XIVe siècle, dans le tome second de l'"Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale", qu'un Fatimide autorisa la fondation de trois villes, dont une "sur le bord de la mer appelée Djézaïr-Béni-Mezghanna (les îles des enfants de Mezghanna). Maintenant Alger..." Les Béni-Mezghanna sont des Kabyles. De la ville, le nom passa au pays dont Alger devint la capitale en 1839.

  • Le terme français archipel a reçu par métaphore la valeur d'ensemble... Les mots comme les hommes ont des ailes, ils voyagent.... Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages, dans la nuit éternelle emportés sans retour...

  • Des idées et des mots en Archipel. Sur la mer des Deux Rives, et ses horizons qui furent de tout temps au coeur de l'imaginaire, voguant sous le pavillon des Lumières, Archipel se déroule à l'image d'un portulan virtuel. Il s'élabore d'une escale à l'autre, en usant des chemins de traverse et du réseau de voies qu'empruntent les migrations d'hommes, d'oiseaux, et de mots. Le domaine est l'espace méditerranéen jusqu'aux terres du pourtour.

  • Pour ce puzzle, les avatars de l'imaginaire sont à réinventer toujours, comme s'y emploient les oeuvriers de l'Art Brut et les Vagabonds des Lettres. Archipel ! De Venise à Alexandrie, d'Occitanie en Egypte, des Iles d'Or à Chypre, de Kateb Yacine à Frédéric Mistral, d'Artémis à Marianne, des Vautours aux Pintades, du Sanglier à l'Ours, les signes se répondent et s'échangent.